Le football mondial est géré par une des organisations les plus normées, la
FIFA. Elle reste bien jalouse et pointue sur le respect des lois et règlements. Pour
preuve, elle rappelle au monde entier, chaque fois de besoin, les principes qui
gouvernent son organisation en protégeant ses démembrements continentaux et
nationaux. La Fecafoot, association camerounaise de droit privé, ayant une mission
de service public, est bien affiliée à cette logique et s’est dotée d’un arsenal juridique
conséquent consolidé par nombre de comités provisoires et des cas de jurisprudence.
Au Camerounais, comme dans certains pays, le Ministère chargé des Sports
est la tutelle des fédérations sportives civiles nationales et en constitue la tour de
contrôle pour la régulation technique. Le ministère des sports et la fédération de foot
sont tous gérés par des Dirigeants qui, à priori, ont bonne connaissance de leur
mission et en cela conseillers par des spécialites chevronnés. Tous ont la
présomption de maitriser l’existence des deux filières notamment la filière
administrative étatique tutélaire et la filière associative libre qui se croisent pour la
gestion du mouvement sportif de par le monde.
Cependant, le constat montre une forte tension et des malentendus dans la
gestion du football qui durent depuis février 2024, après la participation au la CAN
Côte d’Ivoire 2024, alors que les textes régissant le mouvement sportif sont
nombreux et apparemment compréhensibles, les dirigeants élus ou
nommés conformément aux usages. Les acteurs ont pour certains des compétences
juridiques, administratives, techniques, pour d’autres une parfaite connaissance du
milieu sportif et un important vécu expérientiel de la pratique du football sur le
terrain. L’observation du comportement des acteurs, l’analyse de contenu des
documents et les discours tendent à montrer que la crise semble concerner trois
points à savoir le contrôle de l’encadrement technique, la maitrise des joueurs et la
gestion de la logistique.
Toutes les chaines de décisions citées, à savoir la puissance de l’Etat, et les
relais associatifs de la FIFA-CAF, ne réussissent pas à démêler l’écheveau. La FIFA
et la CAF renvoient les belligérants à des concertations. Entre-temps, tous les acteurs
et spécialistes, proches ou éloignés du système (juristes, gestionnaires, politiques,
passionnés, etc.) sont divisés. Des affrontements violents ont lieu dans les espaces
publiques, les réseaux sociaux, les chaines de radiotélévision, etc. Le monde est
divisé en deux camps qui se discutent une balle, jamais placée au centre, avec des
enjeux obscurs, apparemment éloignés du sport ; sinon l’arsenal juridique et les
techniques de management auraient déjà trouvé une solution idoine.
On peut se demander si le développement du football ne fait apparaitre une
zone d’ombre ou un système qui échappe à l’écosystème sportif et à tout son
environnement. Le risque de contamination du mouvement sportif mondial
s’avérerait envisageable. Pour l’instant, l’on pourrait penser que le football parait
échapper au modèle traditionnel ou routinier de management des organisations
sportives. Un nouveau modèle semble s’imposer parce que le foot se projette au-delà
du sport.