A l’issue des 23emes Championnats d’Afrique d’Athlétisme seniors Douala juin
2024 et de FIBA Olympic Qualifying Tournament RIGA juillet 2024, la quasi-totalité
des pays ont clos leur compteur du nombre d’athlètes qualifiés aux Jeux Olympiques
de PARIS 2024. Le Cameroun présente une délégation de 6 athlètes, nombre très
réduit, comme pour celui des plusieurs pays d’Afrique et d’ailleurs, par rapport aux
autres éditions des JO ; alors que ces dernières années, on observe dans le
mouvement sportif mondial en général une forte poussée de la démocratie sportive.
D’où l’interrogation sur la relation entre démocratie et performance sportive.
Courbe d’évolution de la performance aux JO
De Tokyo en 1964 à Paris 2024, le Cameroun, par exemple, a participé à 16
éditions des JO avec un nombre d’athlètes qui plafonne à 27 de 1980 à 2016. Le pic
a été atteint à Los Angeles en 1984 avec 46 compétiteurs. Pendant la même période,
on peut rappeler que le mouvement sportif notamment camerounais a connu trois
générations dans sa marche vers la démocratie à savoir une organisation gérée par
l’Etat, puis une liberté d’exercice contrôlée et ensuite une grande autonomie et une
liberté démocratique dans le fonctionnement des organisations. Les deux premières
générations avec des textes, promouvant dans les années 96 une tutelle rigoureuse,
puis en 2011 une liberté contrôlée, bien encadrée par les pouvoirs publics et un
contrôle régalien marqué de l’Etat, semblent avoir apporté une émulation aux
fédérations sportives pour maintenir le niveau de participation aux JO autour d’une
trentaine d’acteurs. Cependant, on constate que la troisième loi de 2018, qui accorde
une forte liberté et une autodétermination aux Associations Sportives, a aussi
provoqué un choc inattendu entrainant une baisse de leur performance, avec un
déclin progressif de 24 à 12 puis à 6 pour PARIS 2024. L’effectif de 6 semble
néanmoins être de qualité car représente quatre équipes de sports individuels à
savoir l’athlétisme, le judo, la natation et le tennis de table. Dans le même sens,
plusieurs pays n’ont pu qualifier d’athlète dans des disciplines traditionnellement
porteuses de médailles.
Influence de la démocratie
L’hypothèse est qu’en obtenant plus de liberté et de démocratie, les dirigeants
et managers se sont orientés vers d’autres objectifs. On observe, une recrudescence
de conflits internes dans les Organisations, un nombre élevé de revendications et de
contestations de l’autorité de tutelle sportive, un rejet des normes étatiques dans
plusieurs pays. Le mouvement sportif « mondial » semble de plus en plus rentrer
dans les prétoires aux dépens des arènes de jeux. Se profile-t-il une autre forme
démocratie peut-être plus affinée ?
La liberté d’association paraît avoir boosté le développement du sport ; mais le
mode d’appropriation de la démocratie par les acteurs responsables et dirigeants
sportifs ne peut-il pas être questionnable ? Au Cameroun, comme dans plusieurs
pays d’Afrique, la démocratie présente ses atouts et ses limites. Elle laisse poindre
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une révolution managériale plus poussée. Cependant, son influence sur la
performance des organisations reste à déterminer. L’évaluation de son impact sur
certains pays africains et une tentative de comparaison avec les pays centenaires
dans le système seraient judicieux. En attendant le Top chrono et les résultats
de Paris 2024, à vos plumes chers lecteurs !