La déclaration universelle des droits de l’Homme et la constitution de la quasi-totalité des
pays énoncent l’égalité des Hommes en droits, disposant que « la loi doit être la même pour
tous » et qu’aucun individu ou groupe d’individus ne doit avoir de privilèges garantis par la
loi. Notre propos tente d’en apporter une nuance et de montrer que cette égalité pourrait être
discriminatoire et se heurter à la protection des certains acteurs bien que n’appartenant aux
corps bénéficiant d’immunité, mais arborant des outils de travail ou un uniforme tel que la
Robe.
L’affaire Mamo et Belmo illustre l’inégalité des Hommes devant la justice en révélant les
faveurs que pourraient avoir droit les porteurs de Robe au détriment d’autres citoyens. Le
constat montre que des accusations montées de toutes pièces sont engagées, enroulées et
instruites. En marge du principe consacré du contradictoire, des décisions sont prises, validées
« au poteau » et faussement notifiées. Des éléments de culpabilité sont élaborés à la hâte et
des procédures sont dissimulées par des acteurs maitrisant les méandres du système et ayant
accès aux voies de contournement les plus obtuses. Bien que le système ait prévu des moyens
et outils de contrôle et de preuve, des interrogatoires et de recoupements des dépositions,
Belmo aura été privé d’une partie importante et clef de ce principe du contradictoire. Des
sentences, à priori justes et sur preuves « visiblement contestables », sont prononcées à
l’égard de celui-ci qui ne peut, malheureusement, être entendu pour de raisons diverses
notamment la désinformation entretenue à tort ou à raison par le système et aussi, par réflexe
de protection du corps pour éviter sa désacralisation.
Sur la base de déclarations mensongères, de faux en écritures, de manipulation des textes, de
dissimulation des procédures, Mamo la Robe finit par avoir gain de cause, escamotant ainsi le
chemin de la vérité. L’essentiel est de pouvoir vaincre à tout prix avec ses conséquences de
droit, de persécuter et pourchasser l’autre jusqu’à son dernier retranchement, lui promettre
toute la misère du monde pour avoir fleurté avec la Robe. Ce faisant, le noble métier de
protection et de défense des acteurs s’avilit. La Robe, symbole d’assistance sociale et refuge
des persécutés s’apparenterait à un costume répugnant. Elle pourrait devenir, si ses propres
acteurs n’en prennent garde, le manteau autorisant des exactions, des comportements
reprochés, ou un paravent malfaisant. Elle ne marquerait plus une identité, une référence, une
source d’espoir et le serment qui l’accompagne pourrait être vidé de sens. La chaine judiciaire
bien que longue et le processus de décision méticuleux et rigoureux, la Robe s’extirpe de ce
chemin pour développer son embonpoint. Elle dépasse l’appareil et manipule le système.
Cette discussion permet d’émettre l’hypothèse que la Robe est un paravent préservé et le
serment, une formalité polysémique.
Dans tous les cas, la confiance doit être faite en la justice universelle, impartiale et
indépendante pour un avenir meilleur. Et l’avenir restituera la vérité dans toute affaire dont
celle « Mamo et Belmo ». Sinon, la jurisprudence sera actée et la Robe aura toujours
raison de par le monde et perpétuera ainsi le procès de Kafka.
Mais au-delà, c’est la crédibilité des organes de régulation et de contrôle sociales qui est
remise en cause, si le système porte en son sein une graine de déshonneur ; une graine qu’il
faudrait alors exfiltrer. Il en va de l’édification d’un monde plus humaniste, le rêve d’une
société éprise de paix et du culte de l’effort.