Expertise locale et économie du Sport

Expertise locale et économie du Sport

La tenue des Etats généraux du sport au Cameroun, en 2011, a constitué un
accélérateur dans la gestion du sport instituant beaucoup d’innovations fortes
parmi lesquelles le processus de recrutement des encadreurs techniques des
sélections nationales. Le modèle-type retenu est la mise en place une
commission d’analyse des dossiers de candidatures qui propose à la hiérarchie, à
travers une grille, une short List tenant compte des exigences du pays, du profil
des candidats et des prétentions salariales. Cependant, ce modèle ne proscrit pas
le choix direct par l’association sportive d’un entraineur étranger, soit dans le
cadre d’une coopération avec son instance faitière internationale soit dans le
cadre d’une coopération technique.
Le montant de salaire est arrêté par l’Etat qui paie après avoir consulté l’organe
technique et convenu avec le cocontractant ; ledit montant étant conjoncturel et
politique. Certaines informations ont relayé des montants dissonants et variables
selon les disciplines. Le football remportant la masse la plus importante.
Dans tous les cas c’est l’Etat, payeur, qui a le dernier mot contrairement à
certains pays où les fédérations productrices de richesse.
1-Discrimination ou traitement préférentiel entre expertises locale et
étrangère
L’appel à candidature est ouvert à tous les entraineurs dont les Camerounais. Ce
qui suppose que si un entraineur camerounais se retrouvait dans la short List et
qu’il serait moins disant, il ne serait pas élimé. De même, en cas démission d’un
entraineur étranger, un Camerounais proposé en remplacement devrait avoir le
même salaire que son prédécesseur, sans traitement discriminatoire.
Par contre un écart important est observé dans le traitement salarial du titulaire
et de ses adjoints. Cela semble bien normal dans le cadre de l’utilisation d’une
expertise étrangère compte tenu des conditions de vie, de l’environnement, de la
sécurité, des taxes, etc. Un Camerounais exerçant à l’étranger aurait les mêmes
privilèges. Cet écart est aussi observable dans les autres secteurs d’activité.
Dans nos entreprises, les DG sont de loin mieux énumérés que leurs adjoints.
2-Mobilité des sélectionneurs et faible performance sportive
Nos statistiques montrent en général une forte mobilité à la tête des sélections
nationales surtout dans le football. Le Cameroun fait partie des pays qui
consomment plus et trop de sélectionneurs nationales ; une espérance de vie
d’environ dix-huit mois à la tête des sélections nationales. Au plan technique,
cette forte instabilité rend difficile la réalisation un projet sportif, bien que pour
le politique, les résultats à courts termes sont recherchés.

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3-Profil économique d’un sélectionneur viable
Les nations sportives sont désormais dotées d’un nombre importants
d’encadreurs avec des profils harmonisés par les fédérations internationales. Le
Cameroun n’est pas moins. Il s’agira de considérer le secteur de sport comme
tout autre secteur de développement, au-delà des passions partisanes. Les
rémunérations accordées aux responsables d’autres secteurs, affectées aux
dirigeants locaux seraient une vision salutaire de développement à long terme du
sport. Ce serait la valorisation d’une main d’œuvre locale au service du
développement du sport pour une économie nationale plus prospère.

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