« Le sport camerounais, malade de sa gestion :
programme pour une refondation », de Oumarou T. paru en 2009
chez les Editions Terroirs, Yaoundé, posait déjà la question de la
nouvelle place du sport en Afrique et au Cameroun. L’Etat comme les
fédérations et les clubs ont un nouveau rôle à jouer en intégrant
désormais les enjeux de la gouvernance, de la modernité et du
management. Ces enjeux restent encore et toujours contestés dans la
promotion du mouvement sportif africain.
Promouvoir l’associationnisme sportif ou développer le sport
professionnel c’est inévitablement poser la question essentielle des
mécanismes de pilotage ou de management.
Deux hypothèses à consolider :
1- Prendre acte de la complexité des problèmes et la diversité des
acteurs en présence dans le sport africain et camerounais. Dans l’idéal, il
serait sans doute souhaitable de substituer aux procédés de gestion
centralisée et monopolisée, des mécanismes plus souples et plus aptes à
mutualiser les compétences et à gagner l’adhésion des destinataires à
travers la mise en place d’un nouveau mode de gestion qui intégrerait la
logique de la gouvernance, c’est-à-dire un système de règles reposant
sur un jeu des relations interpersonnelles favorisant autant le
management d’une organisation que l’intérêt général des diverses parties
prenantes.
2- les associations sportives, amateurs ou professionnelles, puissent
changer profondément de style de management et opposer au schéma
fondé sur l’autorité bureaucratique celui de la confiance et de la
coopération entre les différents acteurs dont les logiques peuvent être
non seulement différentes mais peuvent aussi légitimement
s’enchevêtrer.
Cette réflexion, bien actuelle, est à consolider pour mieux
comprendre la logique de fonctionnement interne des clubs comme
entités autonomes et les rouages administratifs des Etats toujours
omniprésents. Le sport constitue une véritable zone de conflits et
d’expérimentation de pouvoir. Les associations sportives revendiquent
toujours plus de liberté alors que l’Etat donne l’impression de vouloir
encore en assurer le contrôle régalien.