Les spectateurs et supporters des événements sportifs ont en tout temps brillé
par des comportements et de revendications diverses. Les hooligans, groupes bien
organisés, parcourent des distances en bandes pour occuper des espaces et des
pans entiers des stades et exprimer leur attachement à leur équipe en chantant,
dansant, exhibant toutes formes de slogans. Dans le monde entier, le temps du sport
s’est toujours apparenté plus à une opposition entre villes, régions, groupes sociaux,
etc. Des violences sont observées çà et là. Celles-ci de plus en plus cernées par des
sanctions et de nouvelles lois du sport ; entre autres les suspensions de stades, les
amendes aux clubs, le retrait des pays entiers des événements.
Un calme précaire est apparu ces dernières années dans l’espace du sport dû
à l’acceptation des lois, l’appropriation des valeurs sportives, et la peur du gendarme.
Les événements sportifs tendent à se muer en espaces d’amitiés, de solidarité et de
partage, d’expression des valeurs sportives.
Hélas ! les derniers temps, on observe encore une résurgence de la violence
dans les stades, en ce moment où le monde entier est secoué par de tensions de
plus en plus pressantes. Les libertés sociales sont contestées, les pressions de la vie
quotidienne deviennent insupportables, les interdictions à manifestations dans les
rues et les salles sévissent. Les évènements sportifs semblent alors apprivoisés et
s’apparentés à des lieux de prédilection pour l’expression des émotions refoulées.
Les supporters de club sont une partie de la face visible de son organisation.
Ils reflètent les sentiments et les émotions du groupe. Aussi deviennent-ils des
caisses de résonnance des discours sur l’arbitrage, l’organisation biaisée des
rencontres, le comportement antijeu éventuel de l’adversaire tenus par les dirigeants
et managers des organisations.
L’analyse de contenu de notre observatoire de comportement renseigne que le
niveau de violence dans les stades est corrélé au niveau de démocratie et de liberté
dans certains pays. Il apparait que plus la région est démocratique moins il y a de la
violence dans les stades. Les stades semblent se transformer en des poudrières et
des exutoires des pressions refoulées dans les zones à forte répression. Le
Comportement des supporters lors de certains événements sportifs nationaux et
internationaux converge vers la confirmation de cette hypothèse.
Aussi, la modélisation d’une stratégie événementielle pour des rencontres
festives sans heurt, des moments de solidarité et de partage d’émotion est-elle
préconisable.