Qatar à la barre !

Qatar à la barre !

1-Qatar, une Presqu’iles anodine
A peine la FIFA annonce en 2010, l’attribution de l’organisation de la 22 eme édition de
la Coupe du Monde 2022 au Qatar, des voix s’élèvent pour contester cette décision.
En réalité, très peu d’acteurs du mouvement sportif mondial pouvaient positionner ce
pays du Golf dans le monde. Le football Qatari est très peu connu et cette
Presqu’Iles n’a jamais pris part à une Coupe du Monde de football.
Les observateurs du sport mondial ont évoqué leur inquiétude au sujet de la
possibilité de cette Presqu’île située de la péninsule d’Arabie, sur le Golfe Persique de
tenir un tel événement dont le cahier de charges est monstrueux. Les infrastructures
sportives, hôtelières, les structures d’accompagnement, les réseaux divers doivent
être réalisés dans un temps relativement court.
Par ailleurs les conditions climatiques exceptionnelles de ce pays du désert ne
semblent pas favorables à la réalisation de la performance sportive. De même, les
spectateurs, les fanatiques et supporters venus des quatre coins du monde risquent
connaitre des problèmes d’acclimatation.
Les questions de réchauffement climatiques sont évoquées pour fustiger le choix de
la Presqu’iles d’environ trois millions d’habitants. La peur d’une surpopulation
périodique reste aussi présente selon les environnementalistes. L’événement va
drainer du beau monde et Qatar sera une poudrière de la pollution atmosphérique.
Les notions de droits de l’homme et de libertés sont brandies comme éléments peu
rassurant dans la vie quotidienne qatarienne. Certains syndicats et associations
évoquent la maltraitance et les conditions difficiles des employés qui travaillent jours
et nuits pour transformer en moins dix ans le désert qatari en espaces verts, bien
fleuris et illuminés. D’autres sollicitent le retrait de l’organisation. Des mouvements
de boycott de la coupe sont annoncés pour pousser Qatar, pays islamique, à accéder
et à reconnaitre toutes les libertés, les diversités humaines et d’opinion.
Le Qatar, imperturbable, clame haut et fort sa capacité à organiser, sur son territoire,
cet évènement mondial.
Les acteurs sociaux tendent à transformer l’espace du football en zone de
prédilection pour influencer ou infléchir les positions sur des questions politiques, la
liberté et introduction de nouvelles mœurs d’un pays à un autre. Le sport est pris
comme véhicule de comportement. Au-delà de toutes ces contestations, la passion
du sport reste vivace.

2-Qatar, un désert fleuri

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La FIFA est restée constante et ferme dans sa position en précisant que l’attribution
est bonne et qu’il est temps d’organiser cette coupe dans le monde Arabe,
conformément à la politique de la rotation validée par le propriétaire de l’événement.
Fort de ce soutien de l’organe faitier, les phares se sont braqués sur le pays hôte et
les projecteurs révèlent le Qatar plutôt comme un pays riche avec ses réserves en
pétrole et en gaz naturel qui constituent les pierres angulaires de son économie.
En un temps relativement court, Qatar a transformé le désert en Eldorado, fleuri,
asphalté, illuminé par des feux d’artifice de toute sorte. Le cahier des charges de la
FIFA Coupe du monde est rempli à temps. Six mois avant l’événement, huit stades
sont prêts pour accueillir les matchs du 21 novembre au 18 décembre 2022. Les
capacités d’accueil, d’hébergement et de transport ont émerveillés les dignitaires et
les acteurs du football invités à la cérémonie de tirage au sort des poules, suivi de la
visite et des choix des sites d’hébergement et d’entrainement par les encadreurs
techniques des pays qualifiés. Des stades climatisés de compétition de football, des
lieux d’entrainement et de séjour, tous bien climatisés pour contraster avec la réalité
environnementale et permettre la tenue de l’événement. Le monde entier déferle sur
Qatar devenu une curiosité, un exemple de réussite. Les idées préconçues « d’un
monde inapte au sport, incapable de tenir le cahier de charge » se sont vite
estompées. A travers le football, Qatar s’est transformé en eldorado, un pays à
visiter, une merveille mondiale. Le sport confirme sa capacité à être un levier du
développement économique d’un pays.
3-L’exception Qatari
Une cérémonie d’ouverture extraordinaire. Des feux d’artifice et des jeux de lumière
scintillent au firmament de la planète terre. A travers une prestation événementielle
exceptionnelle Qatar a charmé le monde, conquis les cœurs. Les professionnels et
amateurs du foot, les spectateurs et téléspectateurs du monde sont finalement
unanime sur l’éclat de la fête. Les hôtes du Qatar ont été bien accueillis et n’ont pas
senti la chaleur accablante attendue et présupposée.
Au plan sportif, les 32 matchs matches se sont déroulés sans heurt. L’assistance
vidéo a été sollicitée normalement dans le cadre des lois de jeux. Très peu de fautes
et d’anti jeux constatés. Le corps arbitral n’a pas été contesté comme autrefois.
Les spectateurs ont vécu une fête paisible. On peut croire que la restriction de la
consommation d’alcool dans les stades et aux alentours, une particularité de la
Presqu’iles, a limité les débordements des spectateurs et contribué à la tenue une
Coupe du monde fairplay tant pour les spectateurs que pour les acteurs principaux.
Bien que leur équipe soit éliminée au premier tour, les Qataris ont été présents et
fairplay tout le long du tournoi. Ils ont continué à vivre la fête du football et supporté
chacun, selon sa sensibilité, les équipes en présence. C’est bien là un exemple de
réussite et de partage de valeurs. Les Valeurs sportives et Olympiques de respect,
d’amitié, de fairplay et de partage ont pris le pas sur les travers.

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Qatar s’est bien acquitté de sa mission et a organisé avec brio et sans heurt cet
événement planétaire.

4- Qatar, nouvelle vision stratégique du monde
L’équipe de Qatar est placée 32 eme au classement final. Mais après le
mondial 2022, la Presqu’iles connaitra certainement d’autres mutations encore. Le
Boom touristique, le pas de géant économique franchi restent à observer. Pourra-t-
on noter un effet de locomotive dans de nombreux secteurs notamment le
développement du football, la diversité et la reconsidération de la main d’œuvre. Le
Qatar, pays islamique de Golf Persique a su maintenir ses positions idéologiques.
Mais ne subira-t-il pas l’influence du passage du football et les reflets des pressions
des pays participants et des influenceurs divers. Un nouveau marqueur sociologique
pourrait apparaitre. Le sport devient un nouvel espace de confrontation, un enjeu de
reconfiguration de la géopolitique mondiale.
Le rapport bilan de la FIFA montre que le niveau du football a évolué et que la
Coupe du Monde Qatar 2022 un bilan financier excédentaire. Les retombées sont
importantes et permettent d’envisager un avenir meilleur pour le football mondial.
On peut par ailleurs émettre l’hypothèse que le football a révélé au monde des
thèmes actuels qui suscitent encore des débats. Le sport peut-il être un espace
d’échange ou un levier de diffusion des nouvelles valeurs ! Les questions
d’environnement, de réchauffement climatique, de pollution peuvent être résorbées à
travers le sport et concevoir des événementiels sportifs à tendance biologiques ou
peu consommateurs d’énergie. L’économie du marché et le système de production
de la performance qui assimilent les acteurs à des machines à services sportifs, ou
font des footballeurs « des sportifs transformés » pour être plus efficaces, peuvent
être revisités afin de prévenir la dénaturation de l’homme.
Le sport, espace de confrontation de forces et d’idéologies, devient tout
simplement une zone de partage de valeurs et un champ de bataille saine avec
comme armes les lois et règlements sportifs.
L’histoire retiendra de Qatar 2022 une réussite.

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